« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

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« Casse-Pied », élève-avocate

Je suis actuellement élève-avocate. La voie qui fait un peu rêver, même si la réforme des retraites a jeté un coup d’éclairage sur une profession qui n’est quand même pas les mieux loties contrairement aux idées reçues. Dans le cadre de notre formation, nous devons faire 6 mois de cours, 6 mois de stage en entreprise et 6 mois en cabinet d’avocats. Ce dernier est censé être un peu l’apogée de notre formation. J’ai eu la chance d’être prise dans un cabinet particulièrement réputé au niveau national et européen, dans un département qui m’intéressait vraiment. Bref, le cabinet qui pourrait faire rêver, rien de tel pour se dire que cette expérience pouvait être vraiment bénéfique.

Est arrivé le coronavirus. Le confinement a été annoncé par le gouvernement. J’ai donc naturellement commencé le télétravail (même si on ne m’avait pas donné accès au logiciel de télétravail pour accéder au dossier, tout passait par des échanges de mails avec ma maître de stage et nous nous sommes organisées ainsi). Trois jours sans trop de problème. Or, seulement quatre jours après le début du confinement, ma maître de stage m’a annoncée que le télétravail n’était pas possible et que mon stage était suspendu. Ce qui veut dire concrètement que mon indemnité de stage (1100 euros) ne me serait pas versée. Le statut de stagiaire étant ce qu’il est, on n’a pas le droit au chômage non plus… Résultat, du jour au lendemain, je me suis retrouvée sans aucune source de revenu. Le motif officiel de ma suspension de convention : ne pas bloquer le réseau de télétravail… C’est pratique, d’autant que, comme je le disais, je ne me servais pas de leur réseau et tout passait par ma boite mail. J’ai appris par la suite qu’un autre élève-avocat avait été maintenu dans son stage, alors que la décision de suspension des stages était nationale. J’aurais compris s’il s’agissait d’un petit cabinet, avec un avocat qui tente tant bien que mal de gérer ses affaires. Je le comprends beaucoup moins d’une grosse structure dont le chiffre d’affaires se comptent en millions… C’est d’autant plus surprenant que cela reviendrait à dire que ce cabinet en question n’avait pas prévu, si on suit leur logique, de me rémunérer dans les mois à venir, puisqu’ils sont censés provisionner leurs charges ? Dans leur grande mansuétude, ils me reprendront à la fin de la période de confinement. Là, il n’y aura pas de soucis pour que le stagiaire participe à l’effort national de reconquête de notre économie, mais par contre, bénéficier de la solidarité nationale, comme toujours le stagiaire essuiera les plâtres. Mon cas n’est pas isolé, et je ne prétends pas être porte-parole, je souhaitais juste faire part de ce qui me semble être une injustice profonde de la part de société qui n’hésite pas à jeter par dessus bord tout ce qui peut faire faire des petites économies au détriment de la vie des gens.

"Le statut de stagiaire étant ce qu'il est, on n’a pas le droit au chômage non plus... Résultat, du jour au lendemain, je me suis retrouvée sans aucune source de revenu. Le motif officiel de ma suspension de convention : ne pas bloquer le réseau de télétravail..." « Casse-Pied », élève-avocate, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

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