« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

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Joseph, éducateur spécialisé

Je travaille dans une MECS (maison d’enfants à caractère social). Les enfants, comme les professionnels, sont confinés. Mais nous, on peut rentrer chaque jour chez nous. Une organisation est mise en place pour accompagner les enfants dans leurs devoirs en lien étroit avec les enseignants par mail, téléphone voire par Skype. Nous pouvons toujours accueillir des accueils d’urgence en fonction des situations familiales. Certains enfants, en accord avec les juge et en fonction des situations, sont restés chez eux. Ce sont généralement les enfants qui rentrent régulièrement les week-ends. Pour les autres restant au foyer, les jours sont rythmés entre devoirs, activités intérieurs diverses (coloriage, jeux de société, ping-pong, baby-foot, vidéos…).

Nous sommes un certain nombre à être volontaire pour continuer à travailler, et même la plupart je dirai. Nous sommes susceptibles dans cette période de pouvoir effectuer tous les travaux quotidiens : vaisselle, cuisine, ménage en cas de manque de personnel. Les enfants sont parfois tendus et aussi inquiets vis-à-vis de la situation car ce n’est pas des vacances du tout et il faut les accompagner à gérer des conflits, les angoisses, l’annulation des visites familles… Des activités extérieures existent autour du foyer dans son enceinte : vélo, trottinette, ballon en tout petits groupes avec un adulte. On se relaye afin que chaque enfant puisse aller dehors dans la journée.

La particularité des enfants est de s’ennuyer très vite, d’angoisser dans des moments d’inactivité, alors on prend davantage le temps dans cette période pour échanger, dédramatiser les inquiétudes. On rassure, car nous vivons des moments ensemble et nous leurs disons que nous sommes là chaque jour auprès d’eux. Nous savons d’or et déjà que cela va durer et que ce n’est que le début. Alors il nous faudra, adultes comme enfants, s’armer de patience et de tolérance. Cette période nous permettra-t-elle de dépasser le quotidien habituel parfois stressant ? où le professionnel sera évalué par les enfants directement dans sa capacité à les soutenir, à garder son calme, et à créer du vivre ensemble de façon plus authentique ?

"Alors il nous faudra, adultes comme enfants, s'armer de patience et de tolérance. Cette période nous permettra-t-elle de dépasser le quotidien habituel parfois stressant ?" Joseph, éducateur spécialisé, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

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