« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

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Laure, agent territorial

Pour ma part, je suis confinée depuis le début, mais mon compagnon travaille chez VWR (part du groupe Avantor) sur Briare comme technicien de labo, et il est toujours contraint de se rendre sur le site (la notion de mission essentielle liée à l’activité de l’entreprise n’est pas évidente au vue de ce qui est traité chaque jour mis à part peut être celle de continuer à faire du chiffre). Nous avons été en contact direct le week-end dernier avec un enfant diagnostiqué Covid-19 il y a 2 jours. En citoyen responsable, mon compagnon contacte immédiatement sa hiérarchie et on lui répond que, sans symptômes avérés, il continue de venir travailler (en faisant attention à ses collègues bien sûr…) et on lui apprend qu’il y a quelques semaines, un autre collègue du site a « probablement » été contaminé mais ce n’est pas sûr car il n’a pas été dépisté. Les chaînes continuent évidemment de tourner et les gens de se côtoyer. Même si chacun essaie de faire attention.

Honnêtement, on n’a pas spécialement peur, on fait ce qu’il faut pour se protéger et surtout on ne fait pas partie de la population la plus à risque. Oui mais on n’est pas tout seul. Et comme d’habitude, on est infecté par le double discours du gouvernement, les mesurettes et quarts de mesures (à fond dans les fractions avec l’école à la maison). Et encore une fois, on a une sorte de calque qui se dépose entre le mode d’administration du pays et celui des grands groupes, au bénéfice des grands groupes.
On nous culpabilise : n’allez pas voir vos proches mais venez travailler et ce, même si vous êtes potentiellement porteurs du virus, avec, en prime, une infantilisation par la sanction financière…
Oui, nous saurons tirer les enseignements de cette crise et de l’inconsistance gouvernementale, la mise en danger d’autrui…

"Honnêtement, on n'a pas spécialement peur, on fait ce qu'il faut pour se protéger et surtout on ne fait pas partie de la population la plus à risque. Oui mais on n'est pas tout seul." Laure, agent territorial, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

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