« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur reddit
Partager sur whatsapp
Partager sur telegram
Partager sur email

Manon, assistante d’éducation

Je suis assistante d’éducation dans un collège et je peux vous dire que les enseignants se démènent pour maintenir cette « continuité pédagogique » que nous propose ce cher Blanquer. En tant qu’AE, nous gardons un lien avec toutes les familles pour ne pas laisser certains élèves de côté. Tous les deux jours, nous téléphonons aux familles pour maintenir le lien, les aider, les rassurer, les informer sur les devoirs… Oui cette crise sanitaire révèle aussi des inégalités et des injustices. Certains n’ont pas d’ordinateur ou internet (alors que nous fonctionnons avec le sytème Pronote qui, soit dit en passant, rame dès que les élèves veulent se connecter). Alors certains professeurs inventent de nouvelles manières de faire cours et passent par de nouvelles plateformes : blogs, youtube, discord, whats’app. Mais là encore certains élèves sont mis sur le côté de la route. On tente pour certains de leur faire suivre les cours en leur envoyant leur devoirs par mails. Mais c’est parfois très laborieux pour certains qui n’ont qu’un smartphone pour travailler. Et ceux qui n’ont rien ? Et bien on leur téléphone en leur disant de faire ce qu’ils peuvent. Confinement oblige, on ne peut pas se permettre de faire des photocopies qui feraient se déplacer les familles, les exposant au risque d’être contaminées par le virus.
Cela me fend le coeur car les familles et les élèves sont en demande et sont très mobilisés. Non les élèves ne sont pas en vacances ! Certains paniquent lorsqu’ils n’arrivent pas à faire leurs devoirs. D’autres se sentent submergés et débordés par tout le flux d’informations et de devoirs. Des professeurs répondent à ces élèves 24h sur 24 via des réseaux qui ne sont pas ceux proposés par l’éducation nationale. On se débrouille, on se serre les coudes, on rassure… Mais on sait que certains seront mis de côté. Alors s’il vous plaît, cher gouvernement, arrêtez de sous-estimer notre travail.

"On se débrouille, on se serre les coudes, on rassure... Mais on sait que certains seront mis de côté. Alors s'il vous plaît, cher gouvernement, arrêtez de sous-estimer notre travail.", Manon, assistante d'éducation, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

Lire la suite

Retrouvez tous les témoignages !