« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

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Patrice, animateur socio-éducatif

C’est vrai, on n’est pas des soignants dans le sens médical des choses, mais notre travail c’est de prendre soin de ceux pour ont été mis hors d’état par la société à travers la famille, le travail, la rue, la migration, la violence, etc. En ce moment de crise sanitaire, c’est encore plus le cas, mais malheureusement, notre public n’est pas un public qui compte. Et pourtant, dans nos structures voironnaises, on a un public qui va d’un bébé à naître à des personnes âgées. Finalement, comme d’habitude, on est sans moyens et on se débrouille comme on peut. Ma collègue secrétaire a fait des masques, on a acheté du gel hydroalcoolique quand on en a trouvé, bref, on fait avec la débrouille.
Mais au-delà de cette problématique de l’hygiène, il y a celle très importante du lien. Qu’en est-il du lien actuellement avec le confinement ? Comment les gens passent leur temps qui ne passe pas, avec leur angoisse, leur addiction, le nombre de personnes dans un petit appartement ? Et ce discours pas rassurant du gouvernement Macron, discours on ne peut plus angoissant pour des gens qui ont déjà beaucoup d’angoisses ! On ne peut serrer personne dans les bras. On ne peut plus faire d’atelier en commun, moi qui suis animateur, ça me désole. Ce matin, j’ai ouvert la salle commune, il n’a pas fallu trente secondes pour les voir arriver et parler, parler, parler. Des bras se sont tendus, j’ai du dire non malheureusement. Je leur ai posé la question de comment ils vivaient la chose : on est en prison, il n’y a que la télé, je m’ennuie à mourir, j’ai plus d’alcool, je déprime. Alors on s’organise avec les collègues restants pour aller faire des courses, acheter une bière, de la nourriture, on téléphone, mais le téléphone, il pleure. Il y en a qui pète les plombs ! Ni la DDCS [Direction départementale de la cohésion sociale], ni l’ARS [Agence régionale de la santé], ni Macron et son gouvernement ne se soucient de nous, et de ceux encore plus nombreux qui nous demandent de l’aide pour manger, dormir, se doucher, etc. La guerre au pauvre est toujours en marche ! Mes collègues et moi et nos résidents ont choisi la lutte contre la pauvreté.

"Ni la Direction départementale de la cohésion social, ni l'ARS, ni Macron et son gouvernement ne se soucient de nous", Patrice, animateur socio-éducatif, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

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