« On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste ». Telle était la devise de Gébé dans L’An 01. Aujourd’hui, on est bien obligés d’arrêter. Donc autant réfléchir. Pour que demain soit moins triste.

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Ugo, travailleur éducatif

Educateur, et notamment l’animation socio-culturelle, l’éducation populaire, l’éducation spécialisée, je suis actuellement professeur à Mayotte. Après deux ans sur ce territoire, je ne cesse d’être heurté, outré de la manière dont l’Etat prend forme, se matérialise, souvent avec violence, et vide son peuple de l’essence sociale et culturelle typique de cette île au profit du développement (c’est un viol des imaginaires en somme du néo-colonialisme). L’opportunisme, la cooptation, la corruption, les maltraitances infantiles, les viols et l’incompétence dégueulent de partout et n’ont ni couleurs, ni origines. Ce substrat devient presque un commun, un entendu tacite que l’on ne peut qu’accepter car de très nombreuses personnes s’en accommodent, en tirent profit (consciemment ou inconsciemment), tandis que les autres (citoyens français ou réfugiés), eux se résignent à n’être que des sous-citoyens voire, pire, des sous-individus. « C’est Mayotte, ils nous ont oublié », phrase qui est sur de nombreuses lèvres d’ados ou de jeunes adultes.

Mayotte est dans un état catastrophique sur le plan de l’éducation, de la santé, de l’hygiène, des droits et j’en passe des meilleures alors posez-vous cette simple question s’il vous plaît : comment ce territoire insulaire oublié et sous-doté (selon les standards français) peut-il affronter cette crise du Covid-19 sans aide réelle extérieure ? Je vous laisse imaginer l’ampleur de la catastrophe à venir.

Après, si tout dégénère ici comme je le pressens (densité humaine au mètre carré trop importante), chacun fera son bilan mais au moins ceux qui détiennent le pouvoir auront été mis face à leurs responsabilités et les Mahorais sauront qu’ils ne sont pas juste des oubliés mais que ceux qui s’intéressent au peuple s’intéressent à l’ensemble du peuple français.

"« C'est Mayotte, ils nous ont oublié », phrase qui est sur de nombreuses lèvres d’ados ou de jeunes adultes. Comment ce territoire insulaire oublié et sous-doté peut-il affronter cette crise du Covid-19 sans aide réelle extérieure ?" Ugo, travailleur éducatif, témoigne. #Lan01 via @francois_ruffin

Sofi, assistante sociale

“Ma fille et ses ami(e)s sont saisonniers depuis des années. Aucune certitude sur leur salaire fin mars. Ils se retrouvent donc sans logement, sans voiture, sans salaire.” Sofi, assistante sociale, témoigne.

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